Traité d’Aix-la-Chapelle : Macron soumet la France à l’Allemagne

Les Grands Charles mis à l’honneur

Quel symbole. Le Traité d’Aix-la-Chapelle sera signé le 22 janvier prochain, jour-anniversaire de la signature du Traité de l’Élysée (1963) par le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, alors Chancelier allemand. Ce choix de calendrier traduit, une nouvelle fois, la volonté désespérée d’Emmanuel Macron de se glisser dans les habits du Grand Charles, ou des Grands Charles.

Ajoutez au choix de la date que ce Traité sera signé à Aix-la-Chapelle (Aachen, en allemand), capitale du Royaume de Carolus Magnus (« Charles le Grand », en latin), dit Charlemagne. Rien n’est laissé au hasard ; à l’époque, au début du XIXème siècle, l’Allemagne et la France constituaient un grand ensemble uni dans un même empire et les consciences nationales n’avaient pas encore émergé. Plus d’un millénaire plus tard, il s’agit désormais de planifier l’annexion géopolitique progressive de la France par sa voisine teutonne, guidée par son atavisme impérial.

Timbre commémorant les vingt-cinq ans du Traité de l'Élysée

La liquidation de la doctrine française de dissuasion nucléaire

Pourtant, bien que placé sous le haut-patronage des Grands Charles, ce Traité se révèle être l’exact opposé de la politique d’indépendance nationale impulsée et menée avec succès par le Général de Gaulle. Emmanuel Macron liquide purement et simplement l’arme nucléaire française et hisse le pavillon allemand en désarmant sa propre nation. En effet, par l’article 4 de ce texte qui promet de « prêter aide et assistance par tous les moyens dont elle dispose, y compris la force armée », la France met à la disposition des Allemands ses moyens nucléaires, affaiblissant ainsi sa stratégie de dissuasion. Ce même article 4 renforce également l’engagement français dans l’OTAN, c’est-à-dire sous les ordres des nord-américains. La double allégeance de nos élites est claire.

La France, mise sous tutelle

Comme si cela n’était pas suffisant, le Traité institue un Conseil des ministres franco-allemand, un Conseil franco-allemand de sécurité, privant ainsi la France de son autonomie en matière de Défense, ainsi qu’une « unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers » (sic). Pire encore, l’article 8 stipule que les deux pays devront « coordonner leurs positions » dans le cadre de l’ONU, et « dans le respect des intérêts de l’Union européenne ». Enfin, incroyable mais vrai : « L’admission de la République fédérale d’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande ». On croirait rêver !

Le péril impérialiste allemand

S’il est faux de dire que l’Allemagne va annexer l’Alsace-Moselle, comme ont pu le rapporter certains députés français au Parlement européen, il est tout de même nécessaire d’avoir une certaine méfiance vis-à-vis de l’impérialisme allemand. En effet, ce Traité souhaite établir le « bilinguisme dans les territoires transfrontaliers », c’est-à-dire en Alsace-Moselle du côté français. Or, lorsque l’on sait l’histoire de cette région, des conflits franco-allemands successifs et l’importance de la langue comme vecteur d’identification raciale et nationale dans la conception allemande du Volksgeist, la prudence s’impose.

Par ailleurs, l’article 13 du Traité vise à créer de nouvelles collectivités territoriales dites « eurodistricts », c’est-à-dire une sorte d’eurorégion plus intégrée. Dès lors, on voit poindre  le danger de l’Europe des Régions dont nous alertait déjà Thierry Bouclier en 1999 (L’Europe des Régions contre la France). Les nationalismes périphériques catalan, basque ou corse, pour l’instant en sommeil, peuvent se révéler être des mouvements très dangereux pour l’unité française dans les années à venir.

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