Pourquoi le référendum de Macron est une fausse bonne idée

À travers plusieurs fuites contrôlées venant de « sources haut placées » (sic), nous avons appris à la lecture du Journal Du Dimanche qu’un référendum pourrait se tenir le même jour que le scrutin des européennes. Après plus d’une dizaine d’actes des gilets jaunes réclamant notamment l’instauration du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), ce référendum pourrait être un signal positif envoyé aux manifestants ; et pourtant, il n’en est rien.

Ce référendum balaierait le nécessaire débat européen

Alors même que la mondialisation est au coeur des critiques des gilets jaunes, alors même qu’une très grande majorité d’entre eux souhaiteraient la voir régulée et encadrée, l’Union européenne, et l’idéologie qu’elle porte, pourraient n’être aucunement questionnées avant le vote de mai prochain. Comme nous le développions ici récemment, le pire adversaire des revendications d’un gilet jaune ne saurait être autre chose que l’eurocrate de Bruxelles.

En effet, comment parler de démocratie participative sans aborder la question de la souveraineté d’un peuple ; à quoi bon créer un RIC si aucune proposition ne pourrait être examinée à cause des traités européens ? Comment peut-on parler de pouvoir d’achat sans aborder l’épineuse question de la réindustrialisation et de son indispensable corollaire, la monnaie nationale ? Comment mettre à plat le système fiscal si l’on est limité par les orientations de l’UE qui fixent préalablement les taux de TVA acceptables dans notre pays ?

Emmanuel Macron, en organisant ce référendum, a trouvé une astucieuse manière de ne pas contester la puissance de nos vrais maîtres bruxellois.

Vote blanc, nombre de parlementaires, vote obligatoire : des débats d’arrière-garde qui plaisent aux politiques.

Cette astucieuse stratégie se confirme encore lorsque l’on constate les questions qui pourraient être soumises au suffrage. Emmanuel Macron n’a pas bien compris la nature du mouvement des gilets jaunes ; il ne pourra pas s’agir d’organiser une simple réforme de nos institutions. Peu importe la comptabilisation du vote blanc ou la baisse du nombre de parlementaires puisque nous ne voulons plus voter pour cette caste. Rendre le vote obligatoire n’aura pas pour effet de pacifier la situation. En réalité, ces questions traduisent une volonté des politiques de conserver leurs privilèges en relégitimant leur fonction ; là n’est pas la volonté des gilets jaunes.

Photographie de Lennie Nicollet, le 25 novembre 2018 sur les Champs-Élsyées

Aucune question sociale ni fiscale.

Quelle insulte à notre intelligence que ce référendum. Aucune question sociale ni aucune question fiscale n’est pour l’instant avancée par l’équipe gouvernementale. Pourtant au centre des revendications de l’ensemble du peuple français, la question du pouvoir d’achat n’est pas même abordée dans le projet actuel.

Rappelons nous que la morgue de la caste en place est sans limites. Alors même que des centaines de milliers de patriotes en gilets battent le pavé, la loi Alimentation a récemment fait augmenter d’entre 1% et 10% plusieurs milliers de produits d’usage quotidien pour les Français. Le lait pour nourrissons : + 8%. L’huile d’olive : + 7%. Les céréales Chocapic : + 9%. Les Français n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche.

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