Ce qu’il nous prépare pour 2019

Tradition oblige, nous subissions hier soir les voeux d’Emmanuel Macron pour la nouvelle année. Entre deux insultes dirigées au mouvement des Gilets Jaunes considéré tantôt antisémite, tantôt homophobe, le Président de la République a insisté sur le fait qu’il ne « changerait pas de cap ». Après la déconstruction du droit du travail et la libéralisation du rail français — que nous avions analysé ici — haro sur ce qu’il reste du Conseil National de la Résistance.

La sanction des « perdants de la mondialisation »

Souhaitant aller « plus loin » encore dans sa politique anti-pauvres, Emmanuel Macron a annoncé une réforme de l’indemnisation chômage. Suite à la suppression d’une partie des cotisations chômage, cela ne pouvait pas être autrement : il s’en suivra très certainement une baisse de la durée d’indemnisation et du pourcentage de calcul des allocations de retour à l’emploi (ARE). Par ailleurs, un demandeur d’emploi ne pourra pas refuser plus de deux « offres raisonnables d’emploi », reste à savoir ce que les services du Pôle Emploi considèrent être des offres raisonnables…

Emmanuel Macron a également décidé d’entreprendre une énième réforme des retraites. On n’en finit plus d’entendre ces politiques qui pensent avoir la solution définitive à ce problème. Comme à l’accoutumée, seront prioritairement visés les régimes spéciaux, judicieusement utilisés comme moyen d’opposition entre des Français « privilégiés » et les autres.

Philippe le Bel recevant l'hommage d'Édouard Ier d'Angleterre, par Jean Fouquet

La déconstruction de l’État français

La France a cette particularité de s’être construite autour de son État. Les Rois ont fait la France en édifiant patiemment cet outil d’unification nationale qui survécut à toutes les révolutions. Pourtant, la singularité de l’ère contemporaine réside en sa capacité à défaire en quelques dizaines d’années ce que des générations prirent des millénaires à construire.

Dans la ligne de mire d’Emmanuel Macron on retrouve une volonté de désossement de la fonction publique d’État où le Gouvernement souhaiterait voir disparaître 50.000 postes. Pour cela, le rapport du Comité action publique 2022 remis au Gouvernement encourage celui-ci a transféré entièrement et définitivement de nombreuses compétences aux régions et départements (développement économique, transports…) et à externaliser certaines fonctions vers le secteur privé (logistique des armées, nouvelles concessions autoroutières…). Nul doute que ces mesures continueront de désarmer notre État face aux intérêts privés et aux responsables politiques féodaux.

Pas de RIC en perspective !

En juillet dernier, grâce à la mobilisation des parlementaires d’opposition, la réforme  des institutions avait été mise en sommeil en plein tumulte de l’affaire Benalla. Dans son allocution, le Président Macron a signifié sa volonté que reprennent les débats parlementaires à ce sujet, en écartant expressément l’introduction d’un Référendum d’Initiative Populaire (RIC). À cet égard, le Président a rappelé le très critiquable article 3 de la Constitution : « le peuple est souverain, il s’exprime lors des élections, il y choisit des représentants qui font la loi ». Choux blanc donc, la démocratie représentative persistera malgré la mobilisation exemplaire des Gilets Jaunes.

En somme, la nouvelle année qui s’annonce n’aura rien à envier à la précédente : toujours aussi violente pour les plus humbles, toujours aussi éloignée du pays réel et définitivement soumise aux intérêts mondialistes.

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