Peut-on critiquer la laïcité ?

Le 5 novembre dernier, la garde des Sceaux dévoilait l’intention du Gouvernement d’amender la loi de 1905 établissant la séparation des Églises et de l’État. Nicole Belloubet assurait alors ne pas vouloir « réécrire » le texte de la loi, mais simplement travailler à organiser « un Islam de France ». Le Gouvernement travaillerait à instaurer un contrôle de la formation des imams, ce qui constituerait un véritable bouleversement de la loi sur la laïcité. En effet, celle-ci se fonde sur le principe de la non-reconnaissance des cultes, c’est-à-dire en réalité sur une forme de cécité volontaire.

Plus d’un siècle après son adoption par le pouvoir radical-socialiste d’Émile Combes, appuyé par des socialistes plus réservés tels que Jean Jaurès, peut-on avoir une opinion critique de cette loi ?

Les arguments en ce sens sont nombreux. Tout d’abord, force est de constater que le fait religieux est plus que jamais présent dans l’actualité politique française et européenne. La laïcité se trouve dépassée de toutes parts : d’une part, le fondamentalisme islamique progresse dans une sphère publique devenue neutre, d’autre part, la désagrégation du monde catholique semble se ralentir grâce à une certaine jeunesse prête à redevenir chrétienne.

Face à l’opinion majoritaire des « laïcards » qui tentent de faire croire que la ligne de fracture se situe entre la laïcité républicaine et « les religions », il serait malvenu de dire que là n’est pas le clivage. Pour autant, osons le dire, puisque rien n’est plus vrai : la République s’étant défaite de l’âme française profondément chrétienne, celle-ci se trouve désarmée face à l’Islam conquérant. Les partisans du matérialisme libéral et du matérialisme historique crurent pouvoir proposer aux nouveaux venus de vivre de consumérisme et de coca-cola frais ; la soif de racines culturelles et le besoin anthropologique de transcendance les ramènent peu à peu à la réalité.
Jan Sanders van Hemessen, Jésus chassant les marchands du temple.
La laïcité fut une arme du pouvoir athée pour découpler France et République, cette dernière devenant une idéologie politique autonome. Elle est aujourd’hui un obstacle à la reprise de conscience du Peuple français en tant qu’entité historique atemporelle. La Reconquête intérieure du Peuple français, véritable guerre spirituelle et personnelle contre les us et coutumes du monde moderne, amènera celui-ci à constater que Christ et France ne font qu’un. D’autres le dirent mieux que moi-même :
« Les Français se battent en état religieux. Les premiers, ils ont inventé l’idée de guerre sainte. Le soldat de l’an II, quand il croit apporter au monde la liberté et l’égalité, se dévoue du même élan et dans le même esprit que le croisé de Jérusalem. Quand le croisé crie : « Dieu le veut », quand le volontaire de Valmy crie : « La République nous appelle », c'est le même cri d'armes. Il s'agit de réaliser plus de justice et plus de beauté sur la terre. A tous deux, une voix du ciel ou leur conscience dit : Se vous mourez, esterez sainz martirs »
Les Traits Éternels de la France (1916), Maurice Barrès.
La réaffirmation de l’identité française fondée sur le catholicisme et ses axiomes grec et latin pourrait constituer un noble combat de notre génération. La laïcité actuelle bradant nos églises aux marchands, telle Sainte Rita à Paris, promouvant l’expansion du consumérisme amoral et effaçant le travail civilisateur séculaire de l’Église, ne résistera ni aux assauts fréristes et salafistes, ni à un Peuple reprenant conscience de lui-même et de son rôle face à l’Histoire. Pour que les Français (sur)vivent, il faut que la République redevienne française, et donc, chrétienne.

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