Un Noël sans Jésus Christ n’est qu’un Black Friday différé

La tradition n’aurait aucun sens. La religion non plus. Quel sens alors y aurait-il à s’offrir des cadeaux le soir de Noël plutôt qu’à la journée internationale du câlin ? D’ailleurs pourquoi créer toutes ces journées internationales, des femmes, du braille, de la justice sociale, du sommeil, ou de l’enfant africain ? N’est-ce donc pas pour célébrer ce que représentent les nouvelles divinités de notre monde sécularisé ? Pourquoi ce besoin de la pratique d’un rite, ce besoin de coutumes qui reviennent sur le calendrier ?

Peut-être parce qu’elles sont inhérentes à la nature de l’Homme. Dieu a été remplacé par la Raison et pour d’autres par l’Être suprême ou le Grand Architecte. L’Angelus, par le journal de 13 heures, la messe dominicale par la « grand’messe du 20 heures ».

Ne soyons pas des ingrats avec notre passé

« La France qu’ils détestent, cette France soi-disant moisie, antimoderne, muséifiée, c’est la même qu’ils vendent via les agences de voyage à tous ces gogos de touristes que l’on voit dans Paris, grâce à qui la France est le premier pays visité au monde. »

Incipit, Adieu vieille Europe. 2012

Ne soyons pas ingrats avec notre passé, finalement. Nous sommes heureux de fêter Noël, mais à qui devons-nous cette fête ?

Nous sommes heureux de visiter le pays de France et ses milliers de châteaux et ses centaines de cathédrales. Mais à qui devons-nous ces fantastiques bâtisses encore debout 800 ans plus tard ?

Nous sommes heureux de goûter aux terroirs des pays de France, mais à quoi devons-nous la conservation de ces savoir-faire pour qu’ils soient parvenus jusqu’à nous ?

Nous sommes heureux que notre peuple ait pour valeurs la franchise, le salut du prochain, la défense du petit. Mais à quelle foi devons-nous ces principes que nous imaginons aujourd’hui innés et universels ?

Ne soyons plus christianophobes

« Le fond de mon enseignement consistera à te convaincre de ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laïcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. »

Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes.

Les chrétiens eux-mêmes ont peur du christianisme, ils n’osent plus en parler, de peur de paraître ringard. La laïcité, dont la loi de 1905 a dévoyé le sens, et dont l’athéisme militant de générations de représentants politiques a encore dévoyé le texte, n’est plus qu’un repoussoir à toute transcendance. La religion chrétienne est un épouvantail, les Français croient même la France, laïque, alors que c’est la République qui l’est. La religion chrétienne est calomniée, elle n’est plus abordée qu’au détour d’une leçon d’Histoire culpabilisatrice sur les Croisades.

Cette idée extrémiste de la laïcité, va jusqu’à suspendre en pleine séance, la diffusion d’un film sur Noël à des écoliers.

Cachez ces racines chrétiennes que je ne saurais voir ! C’est tout bonnement de l’obscurantisme ! Il n’y a rien de cultuel à voir un film sur Noël, cela relève du culturel. À force d’empêcher nos enfants d’apprendre les origines de cette fête, ils ne l’assimileront un jour plus qu’au père Noël. Ce sera la grande victoire de la tabula rasa et de l’ignorance.

Voir notre précédent article sur la laïcité.

Mammon contre les santons

Cet extrémisme et ses thuriféraires font aussi la chasse aux crèches, auxquelles on nie désormais l’aspect culturel, au plus grand mépris de la culture provençale. On s’acharne sur un petit lieu qui n’est qu’amour et simplicité, où des bergers contemplent un enfant né dans le foin et qui dort dans une mangeoire. Quelle brutalité.

Quelle haine peut bien habiter ces personnes qui chassent les crèches des mairies, foulant au pied l’attachement des citoyens à cette coutume immémoriale ?

Il faut aussi faire le bilan de ces décennies où nous avons fait fi de notre culture. Une réappropriation de notre histoire et de notre identité ne sera pas l’unique solution, mais d’elle découlera de nombreuses réponses aux maux de notre temps.

L’arbre qui a les racines les plus profondes pousse le plus haut. Un arbre déraciné meurt doucement une fois le reste de sa sève consommée.

Refouler les piliers qui ont fait notre civilisation, c’est courir au nihilisme, au vide total. La quête sans fin du jouisseur, sans cesse malheureux de courir après le plaisir et la consommation, jusqu’à la dépression pour beaucoup, et jusqu’au suicide pour certains.

Il y a 100 ans dans les tranchées, soldats allemands et anglais ne fraternisaient pas autour des derniers gadgets d’Amazon. Ils n’avaient rien à s’offrir si ce n’est quelques provisions et des cigarettes, ils arrêtaient la guerre le temps d’un soir car ils savaient se rappeler du sens de ce jour. Noël a accompli, ce qu’aucune idéologie, philosophie ou doctrine ne sera jamais capable de faire : arrêter un conflit et faire s’aimer des ennemis.

Croyant ou pas, méditons sur ce qu’est Noël. Surement pas un Black Friday accompagné de guirlandes et de food porn. Noël, c’est la naissance d’un enfant et d’une famille dans une misérable étable. C’est l’amour qui ne repose sur aucun support ni confort matériel. C’est le don de soi, et de la vie dans la plus pure pauvreté.

Noël, c’est le triomphe de l’Être sur l’Avoir.

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