Ménard peut-il faire l’union des droites ?

Il n'en finit plus de mener la charge contre le Front National. Invité ce vendredi 1er juin sur le plateau d'Élizabeth Martichoux (RTL), le maire de Béziers a souligné « l'évolution de mois en mois [de Marine Le Pen] dans le bon sens » concernant les questions européennes. Robert Ménard en est certain : pour le Front National « la sortie de l'Europe et de l'Euro n'est plus d'actualité ».

« Sur le terrain économique, il faut qu'elle soit moins gauchiste »

Robert Ménard n'hésite pas à tancer sévèrement le programme économique de la présidente du nouveau Rassemblement National. Il ne l'a jamais caché ; l'édile méridional est favorable à la suppression des 35 heures ainsi qu'au report de l'âge de la retraite à 65 ans. Deux points sur lesquels les adhérents du Front National ont exprimé un point de vue divergent lors du Congrès de Lille. En effet, les frontistes se sont révélés être très majoritairement attachés à un retour à l'âge de départ à la retraite à 60 ans et à la conservation des 35 heures.

Un nouvel épisode de la lutte des droites

Nul n'ignore plus depuis Les droites en France (1954) de René Rémond que l'unité de la droite n'existe pas plus que n'existe celle de la gauche. Robert Ménard offre ici un nouvel exemple des discrépances qui séparent traditionnellement les droites plus libérales et celles plus interventionnistes. Cette réminiscence des débats du long XIXème siècle reparaît à la faveur des divisions du camp national. Ménard souhaite y mettre un terme et se pose ici en rassembleur.

L'échec de l'union des droites à Béziers

Le premier magistrat biterrois n'en est pas à son coup d'essai en matière d'union des droites. Son élection résulte elle-même de cette union puisque Ménard était à la fois soutenu par des personnalités locales de droite, par le FN et par le parti de Dupont-Aignan (DLF). Pour autant, cette union des droites n'est pas totale : sa principale opposition municipale demeure les élus de la liste Les Républicains.

L'échec cinglant de « OZ ta droite »

Autre échec mémorable pour R. Ménard que celui d'« OZ ta droite ». Se voulant un « Podemos français », ce mouvement ne fut qu'un coup d'épée dans l'eau. Il faut dire que les mesures prônées par le manifeste du mouvement n'étaient pas propres à rassembler : retraite à 65 ans, remplacement de la retraite par répartition par un système de points, fin du statut des fonctionnaires... Autant de mesures peu appréciées par le FN, qui demeure le principal mouvement du camp national.

Lors du lancement de son mouvement en mai 2016, R. Ménard avait répété à l'envi qu' « il n'est pas un marche-pied pour le FN », alors même que ce dernier lui avait été d'une grande aide pour ravir la municipalité à l'UMP. Ces déclarations avaient même conduits les émissaires du FN, Marion Maréchal, Louis Aliot et Gilbert Collard à quitter les lieux du rassemblement.

Une union des droites, mais sur quelle base ?

En somme, l'union des droites est bien difficile à réaliser. Outre les tensions entre les différents courants identitaires, vient se superposer ici la question sociale et économique. La lutte contre l'immigration massive ne saurait être le seul sujet de rassemblement des droites, bien qu'il soit tout à fait central dans le déclin français d'aujourd'hui.

Les différentes saillies verbales de Robert Ménard et de son épouse en défense de l'Union européenne, en faveur de l'indépendance de la Catalogne ou de la loi travail ne sont guère porteuses d'espoir quant à une potentielle union des droites. Il semblerait que l'adage de gauche affirmant que « l'union [serait] un combat », ne soit pas dépourvu de sens pour la droite française.

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