Finkielkraut : un Français face à l’Oumma musulmane

Crédits photographie : Renaud Camus, "Le jour ni l'heure", 2015.

« Sale sioniste de merde », « raciste », « bâtard »… Ce dimanche 17 février, une minorité de gilets jaunes s’en est pris au philosophe Alain Finkielkraut en l’accablant d’insultes près du boulevard Montparnasse. Trop heureux de pouvoir nuire au mouvement populaire lancé le 17 novembre dernier, les médias dominants ont repris en choeur la parole gouvernementale selon laquelle « LES gilets jaunes ont agressé Finkielkraut ». Il n’en est rien ; ce ne sont pas les gilets jaunes qui s’en sont pris à l’académicien, mais bien plutôt des babouches vertes.

L’obsession israélopalestinienne au premier plan

Dès le début de la vidéo amateur tournée par un manifestant, la question israélopalestienne est brandie par les agresseurs. Nulle insulte contre les positions politiques françaises du philosophe, aucun d’entre eux ne songeant à contester la vision un tantinet naïve de Finkie sur l’Union européenne ou son admiration exagérée pour l’oeuvre de Jürgen Habermas. Non. Tout tourne autour de l’insolvable conflit du Moyen Orient opposant Israéliens et pays arabes depuis presque un siècle ; « sale sioniste » devenant l’insulte suprême et préférée des militants politiques de l’islamogauchisme.

Finkielkraut, français avant tout.

Pourtant, ces militants étrangers perdus sur le sol de France oublient quelle est l’identité profonde de l’académicien. Finkielkraut n’a jamais prêté allégeance à l’État sioniste, il est même bien souvent critiqué pour sa tiédeur lorsqu’il critique les colonies israéliennes en Cisjordanie. En cela, il est l’anti Bernard Henri Lévy lorsqu’il appelle de ses voeux un retour à la doctrine de Péguy en France — voire à celle de Barrès, sans l’antisémitisme — et à une modération de l’expansion sioniste dans Haaretz.

Alain Finkielkraut n’est pas juif. Il est un Français israélite. Il est de ceux qui, bien qu’élevé dans l’orthopraxie rabbinique, ne se positionnent pas de façon dogmatique et communautaire face aux enjeux de notre temps. Il pense en français avant tout et représente en cela un merveilleux exemple de ce qu’il peut rester de bon dans l’aristocratie républicaine.

Photographie de l'islamiste insultant Finkielkraut, connu des services de renseignement.

L’Oumma musulmane en action.

N’en déplaise aux pouvoirs publics obsédés par l’antisémitisme d’extrême-droite : celui-ci n’existe plus. Cette haine venue d’outre-Rhin fondée sur une hiérarchisation raciale a disparu. À l’inverse, nul bord politique n’a su prémunir les Français israélites de l’invasion migratoire et de son antisémitisme religieux. Islam dévoyé ou non, les faits sont têtus.

Le musulman salafiste insultant Finkielkraut l’essentialise dans sa condition de juif comme l’État islamique essentialise les Occidentaux comme descendants des Croisés. Il est clair que ce Gilet Jaune souhaitant se fondre dans la masse des travailleurs français est plus un « musulman du monde » — c’est-à-dire de l’Oumma, la communauté des croyants à l’Islam — qu’un héritier de la civilisation européenne, hellénique et chrétienne. À nous d’en tirer les conséquences.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *