« Je couche avec un mec d’extrême droite » : pourquoi la discrimination est-elle nécessaire ?

Lucile Bellan, animatrice du podcast “ C’est compliqué ” sur Slate.fr reçoit sur sa boite vocale des questions d’auditrices qui ont besoin de conseils dans leur vie affective. La question du 9 mai 2019 : faut-il coucher avec un homme d’extrême droite ? Apparement les hommes d’extrême droite échappent au principe sacré de non-discrimination. Slate, nous rappelle pourquoi nous discriminons, et pourquoi c’est nécessaire. 

Le message du jour vient d’une femme qui a des relations avec un homme d’extrême droite. Les tensions sur la question du féminisme et du nationalisme commencent à surgir entre eux deux. Lucile Bellan répond et avertit : « le couple ne peut tenir si les deux sont diamétralement opposés idéologiquement, sauf s’il y a du respect, de la patience et de l’écoute. »

Mais pour elle-même, Lucile Bellan ne veut pas d’un couple trop mixte politiquement : « je ne suis pas prête à une telle divergence […] un vote n’est pas juste un vote, c’est aussi une déclaration de qui l’on est, et ce à quoi on aspire, et parfois dans le domaine du personnel, les aspirations sont juste irréconciliables. […] Je ne sais pas bien ce que je veux, mais je sais bien ce que je ne veux pas. » Elle ajoutera sur Twitter : « Personnellement, j’ai déjà clarifié mes positions : c’est non »

Les conseils de la chroniqueuse sont précieux mais sonnent faux, ne serions-nous pas face à un cas manifeste de discrimination ? Choisir son partenaire sur des critères de sexe, de ‘prétendue’ race, de convictions religieuses ou politiques ne contrevient-il pas au principe de non-discrimination, clé de voute de nos « sociétés ouvertes et plurielles. » ?

Peut-être que Marlène Schiappa, secrétaire d’État, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, pourrait se saisir de cette problématique, et avoir un geste pour les hommes d’extrême droite victimes de discrimination ?

Choisir, c’est renoncer.

Mais finalement, la discrimination n’est-elle pas au cœur de chacun de nos actes ? Nous discriminons dans chacun de nos choix, quand je choisis un restaurant, je discrimine tous les autres de la rue, quand je choisis le plat, je discrimine tous les autres de la carte.

La discrimination est notre droit le plus fondamental, merci à Lucie Bellan de l’avoir rappelé.

Hommes d’extrême droite et hommes immigrés, même combat ?

Mais les hommes d’extrême droite ne sont pas les seules victimes. Selon une étude de l’Ifop les parisiennes se refusent à avoir des relations avec des « hommes originaires d’Afrique sub-saharienne à 62%, ou du Maghreb/Moyen-Orient à 57% ».

Alors, à quoi servent les beaux discours sur la mixité et l’ouverture, sur le métissage et le mélange ? Dans les faits, c’est tout l’inverse de ces discours qui se produit.

Alors oui, pour pouvoir aimer, il faut discriminer. Choisir c’est renoncer comme disait André Gide.

 

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